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Succession numérique

Succession numérique, les réglages à faire sur Google, Apple et Facebook

Par Le Petit BlogueurPublié le Mis à jour le 3 min de lecture

Mains tenant un téléphone portable au-dessus d’une table, à côté d’un gobelet de café.
Les données numériques survivent au défunt, et certaines peuvent se révéler avoir une valeur patrimoniale parfois importante.Photo Pixel.la, CC0, via Wikimedia Commons, recadrée

Les données numériques survivent au défunt, et certaines peuvent avoir une valeur, en argent, parfois importante. La loi pour une République numérique du 7 octobre 2016 a ajouté à la loi Informatique et libertés un chapitre consacré aux données des personnes décédées.2

Ce que la loi permet de décider

Les droits sur les données personnelles s’éteignent au décès de la personne. Toute personne peut pourtant donner des directives, c’est-à-dire des instructions, sur ce que deviendront ses données personnelles après son décès. Elle peut dire si elles seront gardées, effacées ou transmises. Ces directives sont générales ou particulières.1

  • Les directives générales concernent l’ensemble des données personnelles. Elles peuvent être enregistrées auprès d’un tiers de confiance numérique certifié par la CNIL.
  • Les directives particulières concernent un service précis. Elles sont enregistrées auprès de l’organisme qui gère ces données, et demandent un accord donné exprès. Accepter les conditions générales d’utilisation ne suffit pas.

La personne peut modifier ou révoquer ses directives à tout moment. Elles peuvent désigner une personne chargée de les faire appliquer. Après le décès, celle-ci pourra en prendre connaissance, et demander leur application aux organismes concernés. Toute clause des conditions générales d’utilisation qui limite ces droits est considérée comme inexistante. Tout service en ligne doit dire à l’utilisateur ce que deviendront ses données à son décès. Il doit lui permettre de choisir de les transmettre ou non à une personne qu’il désigne.1

Deux sortes de directives sur ses données après le décès. Les directives générales, pour l'ensemble des données, auprès d'un tiers de confiance certifié par la CNIL. Les directives particulières, service par service, auprès de chaque responsable de traitement, avec un consentement spécifique.

Le testament peut se révéler l’outil idéal. Les données numériques peuvent en effet s’ajouter à des données qui ont une valeur en argent, ou se confondre avec elles.2

À lire aussi, Comptes en ligne d’un défunt, ce que peuvent faire les héritiers sans directives.

Google, le gestionnaire de compte inactif

Le gestionnaire de compte inactif sert quand le compte n’a pas été utilisé depuis un certain temps. Il permet alors de partager une partie des données du compte, ou de prévenir un contact. On peut ainsi désigner une personne, un membre de la famille proche par exemple, qui recevra certaines données du compte en cas de décès ou d’inactivité. On peut choisir jusqu’à dix personnes. On peut partager tous les types de données ou certains seulement, et des données différentes avec des personnes différentes. Le délai d’inactivité se choisit lors de la configuration.3

Les contacts ne reçoivent aucune notification lors de la configuration, seulement quand le compte est constaté inactif. Google se réserve le droit de supprimer un compte inactif, avec ses données, s’il reste inactif pendant au moins deux ans.3

Apple, le contact légataire

Un contact légataire est une personne qui pourra accéder à certaines données du compte Apple après le décès, photos, messages, notes, fichiers, sauvegardes d’appareils. Il ne peut pas accéder aux films, à la musique, aux livres ou aux abonnements achetés. Il n’a pas accès non plus au trousseau iCloud, informations de paiement, mots de passe et clés d’accès. Il n’a pas besoin d’avoir un compte ou un appareil Apple. On peut en désigner plusieurs.4

Le contact légataire se désigne dans les réglages, rubrique Connexion et sécurité, puis Contact légataire. Pour demander l’accès après le décès, il aura besoin de la clé d’accès générée lors de sa désignation et de l’acte de décès. Quelle que soit la façon dont on partage cette clé, il est toujours bon d’en imprimer une copie. On la range avec les papiers qui préparent sa succession.4

Facebook, le contact légataire

Sur Facebook, le contact légataire est une personne choisie pour gérer le profil principal s’il est transformé en profil commémoratif. À défaut, on peut choisir que le compte soit supprimé définitivement. Il faut avoir au moins 18 ans pour sélectionner un contact légataire.5

Le contact légataire peut rédiger une publication épinglée, en haut du profil, et changer la photo de profil et de couverture. Il peut demander la suppression du compte. Si cette fonction était activée, il peut aussi télécharger une copie de ce qui avait été partagé. Il ne peut pas se connecter au compte, lire les messages, ni supprimer des amis ou envoyer de nouvelles invitations.5

Trois réglages à faire. Google, le gestionnaire de compte inactif, jusqu'à dix personnes et un délai d'inactivité choisi. Apple, le contact légataire, avec une clé d'accès et l'acte de décès. Facebook, le contact légataire, qui gère le profil commémoratif sans lire les messages.

À lire aussi, Accès d’urgence, transmettre ses comptes à un proche sans lui donner ses mots de passe.

Questions fréquentes

Comment organiser sa succession numérique ?

Pour organiser sa succession numérique, on peut définir des directives sur la conservation, l'effacement et la communication de ses données personnelles après son décès, et faire dès maintenant les réglages prévus par les services, le gestionnaire de compte inactif chez Google et le contact légataire chez Apple et chez Facebook. Les directives sont générales, pour l'ensemble des données, ou particulières, pour un service précis. Le testament peut se révéler l'instrument idéal, car les données numériques peuvent avoir une valeur patrimoniale.

Peut-on décider de ce que deviennent ses données après sa mort ?

Oui, toute personne peut définir des directives relatives à la conservation, à l'effacement et à la communication de ses données personnelles après son décès. Ces directives sont générales ou particulières, peuvent être modifiées ou révoquées à tout moment, et peuvent désigner une personne chargée de les faire appliquer. Toute clause des conditions générales d'utilisation qui limite ces droits est considérée comme inexistante.

Quelle différence entre directives générales et directives particulières ?

Les directives générales concernent l'ensemble des données personnelles d'une personne, et peuvent être enregistrées auprès d'un tiers de confiance numérique certifié par la CNIL. Les directives particulières concernent un service précis, sont enregistrées auprès du responsable de traitement concerné et font l'objet d'un consentement spécifique, qui ne peut pas résulter de la seule approbation des conditions générales d'utilisation.

Qu'est-ce qu'un contact légataire ?

Un contact légataire est une personne qu'on désigne de son vivant pour accéder à certaines données de son compte, ou gérer son profil, après son décès. Chez Apple, il peut accéder à certaines données du compte, photos, messages, notes, fichiers, sauvegardes d'appareils. Chez Facebook, il gère le profil principal s'il est transformé en profil commémoratif, sans pouvoir se connecter au compte.

Que permet le gestionnaire de compte inactif de Google ?

Le gestionnaire de compte inactif de Google permet de partager une partie des données de son compte, ou de prévenir un contact, si le compte est inactif depuis un certain temps. On peut sélectionner jusqu'à dix personnes, choisir de partager tous les types de données ou certains seulement, et partager des données différentes avec des personnes différentes. Les contacts ne sont prévenus que lorsque le compte est constaté inactif, et Google se réserve le droit de supprimer un compte inactif depuis au moins deux ans.

Comment désigner un contact légataire Apple, et que pourra-t-il voir ?

Le contact légataire Apple se désigne dans les réglages, rubrique Connexion et sécurité, puis Contact légataire. Après le décès, il pourra accéder à certaines données du compte, photos, messages, notes, fichiers, sauvegardes d'appareils, mais pas aux films, musiques, livres ou abonnements achetés, ni au trousseau iCloud, informations de paiement, mots de passe et clés d'accès. Pour demander l'accès, il aura besoin de la clé d'accès générée lors de sa désignation et de l'acte de décès.

Un contact légataire Facebook peut-il lire les messages du défunt ?

Non, le contact légataire Facebook ne peut pas se connecter au compte, ni lire les messages, ni supprimer des amis ou envoyer de nouvelles invitations. Il peut rédiger une publication épinglée, changer la photo de profil et de couverture, demander la suppression du compte et, si cette fonction était activée, télécharger une copie de ce qui avait été partagé. Il faut avoir au moins 18 ans pour sélectionner un contact légataire.

Peut-on mettre ses volontés numériques dans un testament ?

Oui, le testament peut se révéler l'instrument idéal pour ses volontés numériques, car les données numériques peuvent s'ajouter ou se confondre avec des données numériques à caractère patrimonial. Certaines données qui survivent au défunt peuvent en effet avoir une valeur patrimoniale parfois importante.

Nos sources

  1. Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, article 85Légifrance, version en vigueur au 30 octobre 2026
  2. Les directives numériquesNotaires de Picardie, 19 janvier 2022, mis à jour le 22 février 2023
  3. À propos du Gestionnaire de compte inactifGoogle, consulté le 30 octobre 2026
  4. Ajouter un contact légataire pour votre compte AppleApple, consulté le 30 octobre 2026
  5. À propos des contacts légataires sur FacebookMeta, Facebook, consulté le 30 octobre 2026

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